Coup de coeur

SHANTI شانتي ou comment ancrer davantage la culture d’entrepreneuriat social en Tunisie : une brève interview avec le co-fondateur et Secrétaire Général de l’association, Mehdi Baccouche

1. Mehdi, présente-nous l’association SHANTI ?

Après plusieurs années passées au plus près des acteurs de l’innovation sociale en Tunisie, l'équipe de SHANTI veut donner les moyens aux acteurs du changement de trouver et construire leurs solutions face aux défis rencontrés par leurs communautés. SHANTI a pour mission de promouvoir la co-conception de solutions innovantes et créatives aux problématiques sociales, économiques, culturelles et environnementales de la Tunisie d'aujourd’hui.

SHANTI développe sa mission à travers deux grands axes :

  • L’accompagnement de ses partenaires dans l’implémentation et le développement de leur stratégie d’innovation sociale. Ceci peut prendre la forme d'appui à la réflexion stratégique, de mise en place de formations, de coaching et d'accompagnement des projets sur le terrain, de mise en réseau et sensibilisation des parties prenantes.
  • La création, la co-création et le portage de projets d'innovation sociale à fort potentiel sur le terrain, pour répondre aux défis identifiés par les communautés.

SHANTI est notamment co-fondateur de processméditerranée, un programme de coopération en entrepreneuriat social porté avec des partenaires libanais et français.

2. Comment participez-vous à renforcer l’écosystème de l’entrepreneuriat social en Tunisie ?

SHANTI essaye d’avoir une approche globale de l’écosystème afin d’agir sur les différents facteurs qui permettront de favoriser l’émergence de plus d’entreprises sociales en Tunisie. En tant qu’acteur de l’accompagnement, nous développons des outils et des méthodes pour permettre aux organisations sur le terrain de renforcer leurs modèles. Qu’elles soient des associations, des sociétés, des coopératives ou des groupes citoyens, ces organisations apportent des solutions à des besoins sociaux auxquels personne ne répond aujourd’hui. Nous développons également des partenariats avec les partenaires techniques et financiers qui soutiennent le développement de l’entrepreneuriat social, en élaborant des programmes d’accompagnement et en les mettant en place sur le terrain. Cela permet ainsi à SHANTI de toucher un grand nombre de bénéficiaires, mais surtout de partager notre vision de l’entrepreneuriat social et du travail associatif avec ces partenaires. Nous agissons alors comme un intermédiaire entre les grandes ONG/bailleurs de fonds et les acteurs de terrains. SHANTI intervient également dans différents groupes de travail et de réflexion sur le cadre juridique et les évolutions nécessaires à mettre en œuvre pour la consolidation de l’écosystème. Enfin, SHANTI s’investit au cœur des universités à travers le programme processméditerranée et propose une nouvelle approche de la formation académique sur l’entrepreneuriat social, en accompagnant les étudiants sur le terrain et vers l’international avec nos partenaires français et libanais.

3. De Nafta à Lyon, en passant par le Liban, quels sont les principaux programmes et projets de SHANTI ?

Au-delà de ses activités de conseil et de support à ses partenaires, qui permettent notamment d’avoir un modèle économique viable, SHANTI développe ses propres initiatives dans l’innovation sociale.

Ainsi SHANTI a lancé à Nefta, « El Mensej », une initiative qui accompagne les artisanes à préserver leur savoir-faire, à avoir un meilleur accès au marché et à mieux communiquer. SHANTI est co-fondateur du programme processéméditerranée. Grâce notamment au soutien d’Orange Tunisie, nous nous sommes rendus au Liban, où nous avons retrouvés des étudiants et professionnels de France et du Liban pour aller rencontrer sur le terrain des entrepreneurs sociaux. A notre tour, nous avons accueilli en Tunisie les étudiants français pour une étape à Nefta en mai 2017. C’est notamment grâce aux échanges de procesméditerranée que nous avons pu commencer à travailler sur un projet de garderie d’intégration pour les enfants handicapés à Nefta. Grâce à l’exemple d’une entreprise sociale libanaise, et aux travaux des étudiants français et tunisiens au Liban et à Nefta, nous avons pu nous inspirer des meilleures pratiques en Méditerranée, les comparer aux besoins des familles ayant des enfants handicapés à Nefta, les confronter à l’expertise des professionnels de la santé et de l’éducation et ainsi élaborer un projet qui verra le jour très prochainement.

4. Parle-nous du partenariat avec Orange Tunisie ?

L’aventure de processméditerranée a débuté dès 2016 et nous voulions dans un premier temps effectuer un premier test en recevant en Tunisie les étudiants français. Après cette expérience réussie, nous nous sommes rapprochés de l’IHEC Carthage pour travailler avec les étudiants du Master Entrepreneuriat Social et les intégrer au programme. Naturellement nous avons donc pensé à présenter notre initiative à Orange Tunisie, connaissant l’engagement déjà présent à l’IHEC à travers la Chaire RSE mais aussi les différents programmes qui favorisent le développement des initiatives entrepreneuriale, sociale et technologique. Nous sommes donc aller à la rencontre de l’équipe d’Orange Tunisie, avec les enseignantes de l’IHEC avec qui nous travaillons, et l’accueil a été très positif. processméditerranée permet un partenariat gagnant-gagnant entre les associations, les universités et les entreprises responsables comme Orange Tunisie. Ce partenariat a été mis en avant lors de la signature des conventions réunissant les partenaires des trois rives de la Méditerranée. Au-delà du déplacement des étudiants au Liban, le partenariat permet de travailler tout au long de l’année sur les entreprises sociales accompagnées par SHANTI et Orange Tunisie, en renforçant les complémentarités entre nos actions.

5. A ton avis, quel est l’avenir de l’entrepreneuriat social en Tunisie ?

Dans une situation ou les problèmes sociaux, environnementaux, culturels, éducatifs, de santé...sont de plus en plus visibles, et où les acteurs classiques, notamment publics, peinent à trouver des réponses, il est plus que nécessaire que des solutions innovantes voient le jour. L’entrepreneuriat social a donc un rôle à jouer pour imaginer et tester ces solutions innovantes, qui devront ensuite être reprises et développées dans une nouvelle approche de la résolution des problèmes sociaux, mobilisant tous les acteurs. Si l’entrepreneuriat social est maintenant à l’agenda des acteurs publics et privés, à l’échelle régionale, nationale et locale, force est de constater qu’il convient de vulgariser et d’adapter les concepts pour passer de l’intention à la pratique. La Tunisie peut s’inspirer des expériences d’autres pays, notamment en Méditerranée, pour tirer les leçons et mettre en place une dynamique adaptée à notre contexte, en prenant en compte les besoins des acteurs de terrain. Il faut également être vigilant à ne pas verser dans la facilité de la « mode sociale » et concentrer les efforts sur l’appui et la promotion des entrepreneurs sociaux qui travaillent sur le terrain pour développer des solutions innovantes aux problèmes sociaux rencontrés par les communautés. Si les nouvelles technologies sont mises au service du travail des entrepreneurs sociaux, elles pourront permettre de démultiplier les impacts de ces innovations sociales. Au regard du contexte et des dynamiques, l'entrepreneuriat social ne peut que se développer en Tunisie, sous couvert d’une structuration de l'écosystème et d’une volonté politique pour une nouvelle façon de résoudre les défis sociaux.

 

5 questions à Belhassen Seghaier, Médiateur Numérique du Programme des Ecoles numériques, Orange Tunisie

 

1. Quel est ta mission chez Orange Tunisie ?

Je m’occupe du déploiement et de la gestion du Programme des Ecoles Numériques depuis 2015. Ma mission au final, elle consiste à faire de l’éducation une chance pour tous grâce et par le numérique, je dirais même une chance de mieux s’en sortir par les temps qui courent...

En tant que Médiateur Numérique, je place la réussite du Programme des Ecoles Numériques en haut de mes priorités et je dois donc mobiliser autour de l’implication, de l’engagement de toutes les parties prenantes : équipe projet, nos bénévoles, les Directeurs d’écoles, les enseignants et bien évidemment les élèves…voire parfois et très souvent même, leurs parents…

Le Programme n’est pas une action solidaire ponctuelle, une action que l’on jette aux oubliettes une fois que nous avons distribué les kits numériques. C’est un programme qui nécessite un accompagnement et un suivi sur le moyen et long terme.

2. Présente-nous justement un peu plus dans le détails le Programme des Ecoles Numériques ?

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C’est un projet qui a été lancé en partenariat avec le Ministère de l’Education et avec l’appui de la Fondation Orange pour équiper des écoles primaires, surtout dans les régions les plus défavorisées de la Tunisie, en ce que l’on appelle des kits numériques : tablettes, serveurs Raspberry, contenus numériques scolaires et périscolaires…

Nous sommes très complémentaires au programme scolaire classique et nous offrons une autre façon de donner des cours grâce au numérique, un apprentissage ludo-éducatif en quelque sorte. Ce qui permet très souvent aux élèves d’être plus réceptifs, plus assidus, plus curieux…Le cours peut devenir vraiment très interactif…

 

3. Aujourd’hui, où en êtes-vous avec ce Programme et quel premier bilan en tirez-vous ?

Le déploiement du Programme des écoles numériques se poursuit avec un objectif global de 60 écoles équipées d’ici fin 2017. Là nous sommes à 54 écoles équipées, soit près de 300 heures de formations et 10 717 élèves bénéficiaires de ce Programme.

Le bilan du Programme est très satisfaisant et nous témoignons d’un intérêt exceptionnel de la part des enseignants et des élèves envers d’abord l’outil numérique et donc les usages mais aussi le contenu proposé. Ce qui me marque le plus dans tout cela, c’est l’étincelle que je vois à chaque fois dans les yeux des élèves lorsqu’ils commencent à utiliser la tablette…Je reste convaincu que ce Programme est bien plus qu’un programme, il crée du lien social !

Tout cela a été possible avec l’implication de tous comme je l’ai déjà dit et surtout celle de nos 71 collaborateurs bénévoles que je remercie vivement !

4. Justement, quel rôle jouent les bénévoles Orange Tunisie dans ce Programme des Ecoles Numériques ?

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Les bénévoles jouent un rôle important. Ils participent à la formation des élèves et des enseignants pour leur permettre de tirer pleinement profit du kit numérique et du contenu du Programme. Ce sont des acteurs du changement : ils créent à chaque fois des ponts entre les élèves des régions enclavées qui pour la plupart n’ont jamais eu accès à la technologie et le monde du numérique justement.

Très engagés, nos bénévoles font preuve d’intelligence et de sensibilité pour mettre à l’aise les enfants et partager leurs réactions inédites face à des outils technologiques qui ne leur sont pas familiers.

 

5. Tu as parcouru exactement 28 737 km et visité des lieux insolites en Tunisie. Des moments forts à nous faire partager ?

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Ma joie et ma motivation n’ont pas de limites : Chaque enfant que tu vois heureux et plein d’espoir, de vie, te requinque et t’incite à te donner à fond…

J’ai eu la chance avec mes collègues de découvrir des paysages magnifiques, de faire la connaissance de personnes chaleureuses. Et mon coup de cœur restera le désert…cette immensité où tu es seul au monde !

Tout au long de ma tournée, j’ai également rencontré beaucoup de villageois et écouter leurs histoires : « 3am dhaou » par exemple aurait aimé lui aussi avoir la chance d’apprendre et de pouvoir utiliser une tablette.

28 737 km, il faut vraiment le faire mais je le referais sans aucune hésitation :)

4 questions à Mortadha Dahmani, Manager du 1er FabLab Solidaire ouvert en Tunisie, le FabLab Jeunes Science de Tunisie

1. Morthadha, pouvez-vous vous présenter en quelques mots et nous dire pourquoi avez-vous décidé de rejoindre le Fablab Solidaire Jeunes Science de Tunisie ?

Je suis diplômé en réseaux et services informatiques et en systèmes électroniques numériques et dans le même temps, consultant formateur en robotique et systèmes embarqués. Je suis avant tout un curieux et surtout un passionné de technologies : manipuler les machines numériques qui constituent le cœur du FabLab Solidaire JST et pouvoir partager mes connaissances et les mettre au service des jeunes qui le fréquentent ainsi que mon expérience font désormais partie de mon quotidien.

En fait, quand nous avons participé à l’appel à projets du FabLab d’Orange Tunisie et de la Fondation Orange, j’étais déjà responsable de la section robotique en tant que membre bénévole au sein de l’Association Jeunes Science de Tunisie. C’est ainsi que tout naturellement je me suis retrouvé alors parmi l’équipe au lancement du FabLab Solidaire Jeunes Science de Tunisie à la Cité El Khadhra. Et donc assez rapidement, j’ai eu cette opportunité d’exercer ma passion en tant que FabManager et de travailler au sein d’un laboratoire de fabrication numérique, aider les gens à découvrir cet espace et ses nombreuses machines, à créer, à innover, à prototyper…avec cet esprit de collaboration, de partage…en fait tout ce que j’aime !

2. Que fais-tu plus précisément en tant que FabManager ?

En fait, je suis à la fois formateur, animateur et manager. Mon ambition est de créer un lieu dans lequel les jeunes peuvent se donner à fond pour créer, se dépasser voire se surpasser ; un espace à la fois convivial, propice à l’innovation par le numérique et accessible au plus grand nombre. Je les accompagne et les forme pour qu’ils puissent avancer dans leur projet et le concrétiser. J’anime également le FabLab en organisant divers challenges, je communique également autour du FabLab pour qu’il se fasse connaître encore plus auprès des jeunes et notamment ceux à la recherche d’un emploi ou futurs entrepreneurs et auprès de potentiels partenaires de tous horizons. Je prends  également en charge des projets spécifiques comme par exemple Smart Khadhra pour le Challenge des FabLabs Solidaires de la Fondation Orange ou encore pour la dernière édition du Orange Summer Challenge d’Orange Tunisie. Par ailleurs, je participe à la mise en place de la stratégie de développement du FabLab Solidaire, au recrutement des techniciens, etc. tout cela en étroite collaboration avec le Comité Directeur de l’association. Finalement, je me situe dans la gestion opérationnelle et dans la réflexion stratégique du FabLab, ce qui me convient parfaitement.

3. Comment vois-tu l’évolution du FabLab Solidaire JST ?

Notre FabLab est le 1er FabLab Solidaire en Tunisie  nous sommes donc naturellement conscients de la responsabilité qui nous incombe, qui est celle d’assurer l'ouverture continue de cet espace, d’aller vers tous les publics (je pense surtout à ceux des régions), de vulgariser le concept du « Do It Yourself », de répondre encore plus aux attentes dans l’accompagnement des jeunes, dans les formations proposées, de connecter notre FabLab à d’autres FabLabs…et d’animer la communauté des « Makers » en Tunisie…pour qu’elle soit plus créative, plus innovante par le numérique collaboratif…c’est un vaste programme, mais nous y arriverons, j’en suis persuadé.

4. Ton mot de la fin ?

Je pense qu’investir dans des espaces de fabrication numériques collaboratifs ouverts à tous comme les FabLabs Solidaires, qui permettent à la fois la manipulation, la formation et l’information en utilisant la philosophie de l’open source, facilite considérablement l’apprentissage, le retour à la créativité et à l’autonomie surtout chez les jeunes qui ont rapidement décroché ou qui sont à la recherche d’un emploi. C’est à mon sens la seule manière de pousser la technologie à son niveau le plus noble : celui d’être au service de l’humain.

 

Entretien avec Ikram Kousri, Prix Coup de Cœur Ô Féminin 2016 de la Fondation Orange

Ikram Kousri, responsable de l’association Conseil International des femmes Entrepreneurs à Zaghouan

1. Présentez-vous, Ikram

Je m’appelle Ikram Kousri, j’ai 34 ans. Je suis née au nord de la Tunisie, à Zaghouan. J’y ai passé mon enfance et mon adolescence et aujourd’hui, j’y vis toujours avec ma famille.   

2. Parlez-nous un peu de votre activité

Les femmes ici vivent principalement de la pâtisserie artisanale et de la vente de "Kaak warka" parfumé à l'eau d’églantiers, un gâteau qui fait la renommée de la région. Petite, je voulais être comme ces femmes, qui ont su préserver et transmettre leur technique. Aujourd’hui, c’est chose faite : je fais des gâteaux et j’en vis, c’est mon petit commerce à moi ! Et je veux poursuivre dans cette voie en aidant en plus d’autres femmes à produire et à commercialiser elles-mêmes leurs gâteaux pour préserver ce savoir-faire ancestral. J’ai d’ailleurs un peu commencé à le faire avec quelques femmes que je connais bien, et c’est un succès ! Finalement mon commerce, c’est une entreprise sociale, aujourd’hui 5 femmes travaillent à temps plein avec moi sur ce projet.  

3. Et votre rêve avec ce Prix ?

A terme, mon rêve est de pouvoir faire de ma petite entreprise une véritable industrie, sans pour autant perdre l’authenticité des produits. J’aimerais que les "Kaak warka" soient exportés partout dans le monde et que notre savoir-faire soit reconnu. Le Prix Coup de cœur Ô Féminin va donc m’aider à investir dans du matériel pour moderniser la production. A travers le développement de cette activité, je cherche avant tout à aider toutes les femmes de Zaghouan qui m’ont tant appris et donné !  

4 questions à Rami Bali, Président de « l’Association de Soutien aux Enfants »

1. Quand ASSEN a-t-elle été fondée et quelle est votre mission principale ?

ASSEN, l'ASsociation de Soutien aux ENfants, a été fondée en 2010.

Elle est composée de Tunisiens vivants à Paris qui veulent aider leur pays et de bénévoles présents dans plusieurs régions (Kasserine, Tunis, Sidi Bouzid…) pour être au plus proche des familles démunies.

Son objectif : Assurer le bien-être et la scolarité des enfants démunis.  

ASSEN intervient à travers 4 axes :

  1. Parrainage d’enfants orphelins ou vivants au sein de familles pauvres afin d’assurer leur scolarité et d’éviter qu’ils aient faim et froid. Des marraines et des parrains partout dans le monde soutiennent plus de 120 enfants via ASSEN.
  2. Santé : Apporter aux enfants malades et leurs familles un soutien moral et financier, notamment face à des maladies difficiles.
  3. Education : Offrir aux enfants des régions défavorisées une école plus accueillante aussi bien au niveau de l’infrastructure qu’au niveau des activités culturelles.
  4. Microprojets : Promouvoir des projets économiques qui permettent de favoriser l’autonomie financière des familles les plus vulnérables et in fine de subvenir aux besoins de leurs enfants et empêcher leur déscolarisation.

2. Quelles sont vos réalisations jusque-là ?

Depuis 2010, ASSEN a développé ses activités de parrainage principalement dans 4 régions (Kasserine, Tunis, Jendouba et Sidi Bouzid). Plus de 120 enfants sont suivis avec attention par nos équipes locales. ASSEN a également mené dans ces régions des actions ponctuelles pour l’hiver, pour le mois de ramadan et à l’occasion de la rentrée scolaire.

Dans le domaine de la santé, ASSEN a accompagné les familles de 3 enfants malades de cancers durant les périodes difficiles des soins.  A plusieurs reprises, ASSEN est intervenue pour prendre en charge des soins vitaux et coûteux pour des familles dans le besoin.

Par ailleurs, ASSEN a développé des microprojets économiques pour créer une source de revenu stable pour des mères et assurer la scolarisation d’enfants. Notamment, 25 mamans ont bénéficié d’un projet d’élevage de brebis à Jendouba qui en 2016 a permis de vendre une cinquantaine de moutons. 13 mamans de Kasserine ont aussi bénéficié d’un projet d’élevage de poules fermières, soutenu par Orange Tunisie et la Fondation Orange.

Enfin, la dernière réalisation est le projet Village Orange à Kasserine que l’association ASSEN a porté en partenariat avec Orange Tunisie, la Fondation Orange et le Ministère de l’Education. Nous avons ainsi pu rénover deux écoles, créer des espaces culturels, des classes préparatoires, une cantine et des bibliothèques équipées de kits numériques.

3. Est-ce qu’il y a une sorte de « feuille de route » que vous souhaitez partager avec nous ?

Il est primordial pour nous de suivre au quotidien les projets réalisés pour améliorer effectivement et à long terme l’avenir des enfants soutenus. Nous souhaitons ainsi agrandir nos équipes dans l’ensemble des régions et pouvoir intégrer de nouveaux bénévoles. De plus, nous souhaitons instaurer un partenariat de long terme avec le Ministère de l’Education et Orange Tunisie pour continuer à aider les enfants et à soutenir leur éducation.

4. Votre mot de la fin ?

Nous sommes très heureux du fruit de notre collaboration pour le projet Village Orange à Kasserine. Ce projet a profondément transformé les deux écoles et a créé une ambiance de fête dans le village.

Je souhaite chaleureusement remercier tous les bénévoles ASSEN qui ont contribué à ce projet : Mohsen, Mongi, Mouna, Arij, Hedi, Amira, Med Sghaier, Amel, Khaoula, Asma et Mohamed.

J’appelle toutes celles et ceux qui souhaitent en connaitre plus sur ASSEN et nous aider à nous contacter, notamment via notre site www.assen-asso.org

Je remercie également Orange Tunisie et la Fondation Orange pour leur confiance ainsi que les Ministères de l’Education et de l’Agriculture pour leur aide durant toute la durée du projet Village Orange à Kasserine.

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Entretien avec Feryel TELLISSI, co-fondatrice de l’association « Un repas pour chaque Tunisien »

1. Quand l’association « Un repas pour chaque Tunisien » a-t-elle été fondée et quelle est votre mission principale ?

Créée en 2014, l’association "un repas pour chaque Tunisien" a vu le jour face au constat d’un nombre grandissant de la population ayant du mal à se nourrir décemment. Notre mission est d’offrir une aide alimentaire tout au long de l’année aux personnes qui ne peuvent se le permettre. Mais également une aide dans le domaine de l’insertion économique et sociale par tout moyen approprié.

2. Quelles sont vos réalisations jusque-là ?

A ses débuts, l’association œuvrait essentiellement durant le mois de ramadan où en 2014 près de 5400 repas ont été distribués aux plus démunis. En 2015, ce chiffre a été triplé et des repas ont été distribués sur 5 centres dans le Grand Tunis et deux centres à Kairouan. Des opérations ponctuelles ont été également menées en fonction des besoins comme la distribution de paniers repas à Fernana durant la vague de froid, etc.

Nous sommes également fiers de prendre en charge pour la troisième année consécutive, la cantine d’un centre d’insertion pour jeunes handicapés, l’AFIH à Hay Ettadhamen. Tous les jours  sont servis en moyenne 120 repas.

Enfin, en mars 2015, nous avons pu réaliser notre rêve d’ouvrir le premier centre de distribution de repas gratuits à Mnihla. Ce centre est la première initiative de ce genre en Tunisie. Il s’agit d’offrir à 11 familles vivant sous le seuil de pauvreté des repas.

3. Est-ce qu’il y a une « feuille de route » que vous souhaitez partager ?

Nous souhaitons déjà pérenniser les activités de notre centre et les aides apportées aux personnes que nous soutenons. Nous avons également la volonté d’étendre nos activités dans les régions. Par ailleurs, parce que l’association croit en l’éducation comme moyen de lutte contre la pauvreté et l’exclusion, nous souhaitons davantage axer nos actions sur les enfants. Nous avons commencé à œuvrer en ce sens au sein du centre de Mnihla où outre l’aide alimentaire, un soutien scolaire a été mis en place pour les enfants des familles prises en charge. Ainsi à leur retour de l’école, un goûter est servi aux enfants et une assistance scolaire a été mise en place pour les aider à effectuer leurs devoirs et à combler leurs éventuelles lacunes. Et, de plus, lors de la dernière « semaine internationale de la solidarité » organisée par Orange Tunisie, nous leur avons, ensemble, aménagé et équipé un espace bibliothèque et numérique !

4. Comment peut-on rejoindre « Un repas pour chaque Tunisien » en tant que membre bénévole ?

Pour cela, il suffit de nous écrire sur notre page facebook et nous vous contacterons en cas de besoin. 

5. Votre mot de la fin ?

Nous souhaitons remercier toutes les personnes qui par leur générosité et soutien ont pu nous aider à accomplir ces belles actions. Ensemble, nous pouvons continuer cette belle aventure en aidant un plus grand nombre.

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"Dessiner un sourire sur le visage d’un enfant est et restera une très grande récompense !"

Entretien avec Ines Rajhi, Présidente de l’association "Un Enfant, Des Sourires" : 

1. Quand l’association « Un enfant, Des sourires » a-t-elle été fondée et quelle est votre mission principale ?

Notre association a été créée en avril 2011 et œuvre en faveur de l’enfance démunie. L’éducation est au cœur de notre bataille, notre ambition principale est de contribuer à la naissance d’une nouvelle génération de Tunisiens sains de corps et d’esprit, cultivés et prêts à affronter sereinement les défis du 21ème siècle. Nous œuvrons également pour initier les jeunes à la vie associative et à ancrer dans leur esprit le bénévolat et le don de soi. 
 

2. Quelles sont vos réalisations jusque-là ?

Depuis 5 ans, nous avons entrepris beaucoup d’actions mais aussi des projets plus importants. Par exemple, des activités récurrentes comme notre campagne « Daffini » (Couvre-moi) de lutte contre le froid en faveur d’enfants défavorisés (collecte de vêtements, couvertures…) ou « Magic Rentrée » (convoi de fournitures scolaires) qui en est aujourd’hui à sa 6ème édition. Je pense aussi à des activités de rénovation d’écoles comme celles de Zwitina et Ouled Dhifallah ou d’aménagement de bibliothèques au sein d’écoles situées en zones rurales comme Tabouba et Oued Maaden. Nous organisons également des caravanes médicales, des actions de solidarité pendant Ramadan ou l’Aïd. C’est vrai que nous travaillons et intervenons essentiellement dans la région du Nord-Ouest. Nous comptons également divers partenaires dont des mécènes, comme bien évidemment Orange Tunisie et la Fondation Orange, Talan Tunisie, Bic Tunisie, Focus…

3. Est-ce qu’il y a une sorte de « feuille de route » que vous souhaitez partager avec nous ?

En considérant que l'accès au savoir est un droit fondamental pour tout enfant tunisien, nous avons toujours œuvré afin de rendre l'éducation accessible et surtout une expérience ludique, agréable et divertissante. Afin de pouvoir réaliser cette mission nous nous sommes assignés 3 axes principaux :

  • Restaurer les infrastructures des écoles dans les zones démunies et/ou parrainer des écoles dans des zones rurales ;
  • Créer des bibliothèques scolaires dans tous les établissements que nous prenons en charge ;
  • Pourvoir dans  les écoles des salles polyvalentes pour les activités périscolaires ainsi que des espaces de lecture.

4. Votre mot de la fin ?

Nous croyons dur comme fer que la seule voie de salut de la Tunisie réside dans la solidarité. Alors rejoignez « Un enfant, des sourires » en tant que membre bénévole : Dessiner un sourire sur le visage d’un enfant est et restera une très grande récompense !  Venez donc la partager avec nous. Nos coordonnées :  

-          Tél : 52 608 862

-          e-mail : asso.ueds@gmail.com

-          Page Facebook : Association « Un enfant, des sourires »

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Olfa Hammami : « Grâce au Fablab solidaire Jeunes Science de Tunisie, j’ai découvert ma mission, ma raison d’être… »

"Je suis âgée de 19 ans et dès mon jeune âge, j’ai été passionnée par le monde de la recherche, de la science et de l’innovation…j’ai toujours rêvé de laisser mon empreinte dans l’histoire, de faire un changement dans le monde !

J’ai appris à jouer aux échecs à l’âge de 6 ans pour être admise après 2 ans en équipe nationale de Tunisie . A l’âge de 10 ans, j’étais déjà championne de Tunisie ce qui m’a permis ensuite de participer à plusieurs championnat internationaux .

M’ouvrant de plus en plus au monde, j’ai vite réalisé que la science était ma destinée. C’est à ce moment-là et exactement à l’âge de 13 ans que j’ai fait le meilleur choix de ma vie : devenir bénévole au sein de l’association « Jeunes Sciences de Tunisie ». J’y ai rencontré des jeunes, tous comme moi passionnés par un seul objectif: Développer ses compétences et sa culture dans les domaines scientifiques. Au sein  de cette association, j’ai réalisé que ce n’était pas surprenant de parler des théories d’Einstein, d’avoir des ambitions aussi grandes que les miennes.

J’ai ainsi intégré toutes les « sections » de l’association : astronomie, énergie, informatique, aéronautique et chimie, pour, petit à petit, développer un  intérêt croissant pour la technologie et plus précisément le domaine de la robotique. J’ai pu ainsi approfondir  mes compétences dans l’électronique, la mécanique et l’informatique. Puis, j’ai commencé à faire mes propres petits projets: de simples circuits, de la programmation « arduino » ou encore de la conception de robots…J’ai par ailleurs été sélectionnée parmi 3 filles en Tunisie pour participer à un programme d’échange appelé « TechGirls » aux Etats Unis pour développer mes compétences techniques au sein d’entreprises et startups américaines comme Microsoft, Google ou Facebook. De retour en Tunisie, j’ai commencé à passer beaucoup plus de temps à l’association, pour organiser plus d’évènements et assister à plus de stages.

J’ai ainsi accompagné le lancement du Premier Fablab Solidaire en Tunisie, le Fablab Jeunes Sciences de Tunisie, appuyé par la Fondation Orange et Orange Tunise. Je me considère très chanceuse d’avoir eu cette opportunité, c’est un rêve qui devient réalité. Aujourd’hui, nous avons notre Fablab solidaire, équipé des machines les plus avancées: imprimantes 3D, CNC laser… et nous travaillons sur des projets très intéressants comme celui  de « Smart Khadhra », notre dernier projet proposé pour le challenge « I make 4 my city », organisé par la Fondation Orange.

Ainsi, grâce au Fablab solidaire, j’ai découvert ma mission, ma raison d’être et mon ambition : Je vais poursuivre mes études et mes recherches dans le domaine de la bionique, et je serais capable de fabriquer des mains, des pieds et même des yeux robotiques pour pouvoir changer la vie de personnes handicapées. Dessiner des sourires sur les visages de ces personnes à partir de mes innovations, c’est la meilleure façon de participer à rendre notre monde plus solidaire !"

« MARAM SOLIDARITE »…ou le combat d’une maman !

« On redoute tous d’avoir un cancer, mais on n’imagine jamais que cela puisse toucher votre enfant. Ma fille Maram avait deux ans quand on lui a diagnostiquée un cancer incurable. J’avais à ce moment-là espéré de tout mon cœur avoir moi-même ce cancer et non pas ma fille », se remémore Manel Gharbi…

Comment vous présentez-vous Manel ?

Difficile de me présenter…Me présenter en tant que vice-présidente de l'association « Maram Solidarité », comme une femme tunisienne pleine de vie et d'amour ou comme une maman orpheline de son enfant…

Finalement, je me présente à travers toutes ces fonctions parce que je suis avant tout une FEMME mais aussi une mère et la fondatrice d'une association de lutte contre le cancer de l'enfant. 

Pouvez-vous nous retracer votre histoire ?

A l’annonce de la maladie de notre fille, le ciel s’est abattu sur nos têtes. Nous étions heureux, nous avions une fille ainée de 4 ans, Malek,  et deux jumeaux de 2 ans, Fares et Maram. Nous n’avions pas les moyens de faire soigner notre fille à l’étranger. Mon mari et moi avons remué ciel et terre, créé une association et récolté en un temps record de deux mois, la somme de 300 milles euros. Beaucoup de personnes à travers le monde ont contribué et Orange Tunisie a été la première à le faire. Mon mari et moi travaillions pour cette entreprise, dont les salariés et les dirigeants ont toujours été à nos côtés. Mon mari y est toujours d’ailleurs…
Nous sommes partis faire soigner Maram en France, mais malheureusement il était trop tard… Nous nous sommes retrouvés orphelin de cet ange.

Il y a un an aujourd'hui depuis son départ, le chagrin est toujours là, l'absence aussi, mais j'ai décidé de continuer. Maram n'est plus. Peut-être ! Mais son association l'est…et pour toujours.

Pouvez-vous nous parler de votre combat au sein de votre association ?

Mon amour me permet de continuer, mon combat pour ma fille s’est transformé en un combat pour tous les enfants malades. A travers l’association « Maram Solidarité », nous œuvrons à aider des enfants à se faire soigner, à former des médecins hospitaliers dans de grands centres de recherches en Europe, à réaliser des rêves d’enfants malades et à prendre en charge des familles démunies, parents d'adolescents malades…Notre plus belle réussite est sans doute le réaménagement et le renouvellement de l’unité d’oncologie pédiatrique de l’Institut Salah Azaiez à Tunis.
Aujourd’hui, notre association prend en charge la construction d’un hôpital du jour de 1000 m² pour les enfants souffrant de cancers et de pathologies rares au sein du Centre de greffe de la moelle osseuse de Tunis. Avec ce nouveau projet, plus de 6500 enfants tunisiens auront la chance de vivre au mieux leur quotidien, avoir un traitement adéquat, auront un meilleur endroit pour continuer à vivre, pour survivre !
Alors y a-t-il une vie après la mort ? OUI, il y a plusieurs vies sauvées après le départ de Maram…
Finalement, mon parcours m’a appris comment d’une douleur peut naître un espoir et d’une souffrance peut naître une existence.